Réagir méthodiquement à un incident

Virement à un escroc : les premiers réflexes banque et plainte

Vous avez effectué un virement et vous comprenez ensuite que le bénéficiaire était un escroc. Ce qui compte maintenant, c'est l'ordre des démarches : la banque d'abord, puis la plainte, puis la conservation des preuves. Ce guide suit les recommandations officielles françaises, avec des repères pour la Belgique, le Luxembourg et la Romandie.

eu. infopoint · Créé avec l’aide de l’IA · Sources vérifiées le

Personne vue de dos à la table de la cuisine, téléphone à l'oreille, devant un ordinateur portable à l'écran bancaire flou et un pense-bête
Image générée par IA ; elle ne représente ni un incident réel ni une véritable interface.
Pour qui
Toute personne qui a payé un escroc par virement
Durée
30 minutes pour les premières démarches
Difficulté
moyen
Ce qu’il vous faut
Application bancaire ou relevé, messages et justificatifs
Concerne
France ; repères BE, LU, Suisse romande

L’essentiel d’abord

  • Appelez tout de suite votre banque par vos moyens habituels, signalez la fraude et demandez la suspension ou le retour des fonds.
  • Portez ensuite plainte et conservez messages, numéros d'appel, ordres de virement et relevés.
  • Ne payez jamais de frais à quelqu'un qui promet de récupérer votre argent.

Un exemple concret

Exemple fictif : Léa, à Lyon, reçoit l'appel d'un prétendu conseiller de sa banque. Il affirme qu'une fraude est en cours sur son compte et lui demande de mettre son épargne à l'abri par un virement de 3 000 € vers un « compte sécurisé ». Le numéro affiché ressemble à celui de son agence. Léa valide le virement.

Une heure plus tard, elle appelle sa banque au numéro indiqué dans son application. La conseillère confirme qu'aucun appel n'a été passé, enregistre la fraude et tente un retour des fonds, sans rien pouvoir promettre. Le lendemain, Léa porte plainte au commissariat avec ses captures d'écran, son journal d'appels et l'ordre de virement. Sa banque lui en demande une copie.

Que faire dans la première heure, le premier jour, la première semaine ?

Chronologie après un virement à un escroc
MomentCe que vous faitesPoint d'attention
Première heureAppeler la banque, signaler la fraude, demander la suspension ou le retour des fondsUtiliser vos moyens habituels, jamais les coordonnées données par l'appelant
Première heureCouper le contact avec les escrocs et ne plus rien payerAucuns « frais de déblocage » ni « frais de remboursement »
Premier jourPorter plainte et rassembler les preuvesFaire des captures d'écran avant que messages ou profils disparaissent
Premier jourSi vous avez donné des codes : changer le mot de passe de la banque en ligne ; faire opposition à la carteRepérer les opérations frauduleuses sur le relevé
Première semaineTransmettre la plainte à la banque si elle la demande, noter chaque réponse par écritRefuser toute offre de récupération non sollicitée

Cybermalveillance.gouv.fr recommande de vérifier l'information en contactant votre banque par vos moyens habituels, puis d'identifier les opérations frauduleuses et d'en demander le remboursement, la suspension ou le retour des fonds.

Si votre carte est concernée, faites opposition sans délai, par exemple auprès du serveur d'opposition au 0 892 705 705 (numéro surtaxé, 7 jours sur 7, 24 h sur 24). Un signalement sur Perceval, la plateforme du ministère de l'Intérieur pour les fraudes à la carte bancaire, est possible, mais il ne remplace pas la plainte.

Peut-on encore annuler un virement ?

Pas de façon simple. Ce qui reste possible, c'est de demander à votre banque la suspension ou le retour des fonds, comme le conseille Cybermalveillance.gouv.fr. La Prévention Suisse de la Criminalité souligne l'urgence : prévenue sans délai, la banque pourra, dans le meilleur des cas, intercepter l'argent.

Depuis le 9 octobre 2025, les banques de la zone euro doivent aussi vérifier gratuitement, avant le virement, si le nom du bénéficiaire correspond à l'identifiant du compte (vérification du bénéficiaire). Ce contrôle limite surtout les erreurs, pas toutes les escroqueries ; notre guide sur la vérification du bénéficiaire explique ses alertes.

Virement validé par vous ou opération non autorisée ?

Pour vos droits face à la banque, la question décisive est de savoir qui a donné l'ordre. Si vous avez saisi et validé le virement vous-même, il est en principe considéré comme autorisé, même en cas de tromperie.

C'est différent si quelqu'un a effectué une opération sans votre consentement, par exemple avec vos identifiants volés. Selon la directive européenne sur les services de paiement (2015/2366), vous devez la signaler à votre banque sans retard injustifié, et au plus tard dans un délai de treize mois après le débit. La banque doit alors rembourser immédiatement, au plus tard à la fin du jour ouvrable suivant. Le 15 octobre 2026, la Cour de justice de l'UE a jugé (C-70/25) que cela vaut aussi lorsque la banque vous reproche une négligence grave. Elle ne peut retenir le remboursement que si elle a de bonnes raisons de soupçonner une fraude de votre part et les communique par écrit à l'autorité compétente. Si elle établit ensuite que vous avez agi délibérément ou par négligence grave, elle peut vous demander de supporter les pertes.

Il existe des cas limites, comme une validation faite sous la pression d'un faux conseiller. Ils s'apprécient au cas par cas : pour un montant important, consultez une association de consommateurs ou un avocat. Pour reconnaître ce type d'appel à l'avenir, lisez notre guide sur l'appel inattendu de la banque.

Où et comment porter plainte ?

En France, vous avez trois possibilités : le commissariat de police ou la brigade de gendarmerie dont vous dépendez, un courrier au procureur de la République du tribunal judiciaire de votre domicile, ou la plateforme en ligne THESEE du ministère de l'Intérieur. THESEE est réservée aux particuliers victimes d'une cybermalveillance à caractère financier, par exemple une escroquerie commerciale ou sentimentale.

Le service 17Cyber de Cybermalveillance.gouv.fr propose un diagnostic en ligne et, si la menace le nécessite, un accompagnement par un policier ou un gendarme.

Les preuves à conserver

  • Ordres de virement et relevés de compte
  • Numéros d'appel, SMS, courriels et messages, en captures d'écran
  • Noms de profils, liens vers les annonces ou les sites
  • Votre note de l'appel à la banque
Urgence et plainte : France et pays francophones voisins
PaysUrgencePlainte et signalement
France112Commissariat, gendarmerie, courrier au procureur ou THESEE en ligne
Belgique112Commissariat de la police locale ou, pour certains faits non urgents, Police on Web (carte d'identité belge requise)
Luxembourg113 (police) ou 112Plainte auprès de la Police, même si le préjudice semble faible
Suisse romande117 (police) ou 112Police de votre commune ou de votre canton ; formulaire d'annonce de l'Office fédéral de la cybersécurité (OFCS)

Réservez le 112 à un danger immédiat, par exemple si quelqu'un doit passer chez vous récupérer de l'argent. En Suisse, la directive européenne ne s'applique pas automatiquement : demandez à votre banque quelles règles valent pour votre compte.

Pourquoi se méfier des offres de récupération ?

Après une escroquerie, de faux sauveteurs peuvent se manifester : prétendus avocats, enquêteurs ou services officiels qui proposent de récupérer votre argent contre des frais. La Prévention Suisse de la Criminalité est catégorique : un prétendu détective privé, avocat ou procureur qui vous contacte après une fraude à l'investissement fait partie de la bande.

  • Le contact arrive sans que vous l'ayez demandé
  • Des frais sont exigés avant tout remboursement
  • On vous demande vos identifiants ou vos coordonnées bancaires
  • On vous presse de décider vite

Raccrochez et vérifiez par un numéro officiel que vous trouvez vous-même. Pour aller plus loin : l'aide payante après une arnaque. Pour ranger vos preuves sans exposer d'autres données : documenter un incident numérique.

Erreurs fréquentes

  • Rappeler le numéro laissé par le faux conseiller au lieu de joindre la banque par vos moyens habituels.
  • Écrire aux escrocs pour réclamer l'argent avant d'avoir appelé la banque.
  • Supprimer les messages par gêne avant d'avoir fait des captures d'écran.
  • Renoncer à la plainte parce que le montant semble faible.
  • Payer des « frais de dossier » à un prétendu cabinet qui promet de récupérer les fonds.

Liste de vérification

Les cases servent uniquement de repères personnels. Aucune saisie ne nous est transmise. Pour conserver la page, il suffit de l’imprimer ou de l’enregistrer au format PDF depuis le menu du navigateur.

Questions fréquentes

Ma banque peut-elle annuler un virement frauduleux ?

Pas simplement, mais il faut essayer. Cybermalveillance.gouv.fr conseille de demander à votre banque le remboursement, la suspension ou le retour des fonds. Selon la Prévention Suisse de la Criminalité, la banque prévenue sans délai pourra, dans le meilleur des cas, intercepter l'argent. Appelez donc dès que vous découvrez la fraude et notez chaque échange avec votre conseiller.

Dois-je porter plainte pour demander un remboursement ?

La plainte est utile dans tous les cas. Cybermalveillance.gouv.fr indique que la banque peut demander une copie de votre plainte pour instruire votre demande. Un signalement sur Perceval, en cas de fraude à la carte, ne remplace pas le dépôt de plainte.

Serai-je remboursé si j'ai validé le virement moi-même ?

C'est difficile. Un virement que vous avez saisi et confirmé est en principe considéré comme autorisé, même en cas de manipulation, et les règles de remboursement des opérations non autorisées ne s'appliquent alors généralement pas. Il reste surtout la demande de retour des fonds auprès de votre banque, à faire le plus tôt possible. Dans les cas limites, un conseil individuel est utile.

Qui appeler pour être aidé gratuitement ?

France Victimes accompagne gratuitement les victimes au 116 006, tous les jours de 9 h à 19 h. Info Escroqueries répond au 0 805 805 817, du lundi au vendredi de 9 h à 18 h 30. Pour un diagnostic en ligne et des conseils adaptés à votre situation, le service 17Cyber de Cybermalveillance.gouv.fr est ouvert aux particuliers.

Sources et informations complémentaires

Sources primaires d’autorités publiques, d’organismes de protection des consommateurs et de fournisseurs. Certaines sont dans une autre langue ; retenez les indications adaptées à votre service et à votre lieu de résidence.

  1. Cybermalveillance.gouv.fr : Que faire en cas de fraude au faux conseiller bancaire ?Sources consultées le:
  2. Cybermalveillance.gouv.fr : Déposer plainteSources consultées le:
  3. Cybermalveillance.gouv.fr : 17Cyber, assistance en ligneSources consultées le:
  4. Cour de justice de l'UE : communiqué de presse 31/26 (conclusions de l'avocat général, C-70/25) sur les opérations non autoriséesSources consultées le:
  5. Banque centrale européenne (en anglais) : règlement sur les virements instantanésSources consultées le:
  6. Prévention Suisse de la Criminalité : Fraude à l'investissement sur InternetSources consultées le:
  7. Police belge : Porter plainte pour une arnaque en ligneSources consultées le:
  8. Police grand-ducale (Luxembourg) : Arnaques, aide aux victimesSources consultées le:
  9. Agence Europe (en anglais) : arrêt de la CJUE du 15 octobre 2026, affaire C-70/25, remboursement immédiat même en cas de négligence graveSources consultées le: